1 an de tour du monde – mon bilan – Eve

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13 jours sur la plage au Panama pour se refaire et bien commencer l’année, 13 jours pour faire le point sur 1 an de tour du monde.

1 an de tour du monde - Eve - Couverture

En point final de ces quelques jours, un anniversaire. La première bougie de notre voyage. Le 26 janvier 2014 nous partions de Charles de Gaulle pour la Thaïlande. On a vu et fait beaucoup de choses depuis. Bien sûr ça paraît loin et en même temps c’est passé très vite.

Comme dit un compagnon rencontré sur la route, c’est super de faire le bilan car c’est pas un bilan de fin mais juste un bilan de mi-parcours!

A mi-parcours je me rends compte de quoi?

En fait je suis entrée pleinement dans cette vie d’itinérance. Etre loin de mon pays est parfois une nostalgie, surtout à cause des gens qui y sont restés, mais me dire que demain je rentre me paraît surréaliste.
Etre en mouvement c’est bon.
C’est difficile à expliquer mais quand je regarde en arrière, je m’aperçois que les changements de situations, de visages, de paysages, de paroles etc. participent au fait de se sentir vivant. Puissamment vivant. Le monde tourne, je tourne avec lui. Le monde bouge et je bouge avec lui. Je ne suis pas statique dans mon travail, dans ma maison. Il bouge et comme lui je bouge vite, je cours. Mais attention, courir pas de n’importe quelle façon. Bouger oui mais « à l’arrache ». Prendre le bus, le train sans réserver. Etre avec la foule, les marchandises et les animaux. Pas être dans sa voiture. Les mois de voiture n’ont pas apporté ce sentiment de liberté qui est vendu sur la brochure. Alors oui, tu vas où tu veux mais en réalité tu es coincé dans ta boîte à sardine et s’il n’y a pas d’auto stoppeur sur ta route, tu es vite en manque de partage. Finalement, le confort plombe. On perd en légèreté même si on gagne en molleton sous les fesses.
Attention, je ne suis pas train de dire que je me suis transformée en routarde invétérée qui ne veux que des banquettes en bois et aime la compagnie des cafards sous la douche. Non, mais le confort, pour qu’il fasse son effet, j’ai remarqué qu’il doit être par touches irrégulières.

Le dynamisme que tout le monde reproche à Paris, le fait que les gens courent etc. Ce dynamisme, j’ai su le prendre quand j’étais parisienne en ne me formalisant pas sans cesse du fait que les gens ne prennent pas le temps et blablabla. Moi, tendance rêveuse et mollassonne obligée de courir un peu dans la capitale et maintenant dopée à courir à travers le monde. Marcher des kilomètres avec son sac sur le dos sans se plaindre, passer de guesthouse en guesthouse, se forcer à manger des choses bizarres, se remettre en cause tout le temps en fait. Voilà quelque chose de bon et de durable je crois et j’espère.

Parlons pays maintenant.

Un chouchou : Madagascar.
Oh, je ne vais pas tout vous re décrire. Ce pays est tout simplement magnifique et les gens accueillants. Mais c’est surtout les couleurs qui se sont collées sur ma rétine. Je garde le souvenir d’un camaïeu chaud où le bleu et l’ocre sont omniprésents. C’est donc la chaleur qui se dégage de ce pays qui m’a plu et qui nourrit encore mes souvenirs. C’est un peu comme un bon « feeling ». J’ai été séduite.

Passons à l’Asie à présent.

Eh bien, après l’avoir quitté je me rend compte qu’elle m’a souvent manqué. Sa spontanéité, son kitsch, ses temples, sa cuisine, sa verdure, son humidité, ses marchés, sa musique insupportable. Il y a quelque chose qui flotte dans l’air. Il y a un mouvement constant. Une forte pauvreté mais contrebalancée par un esprit d’entreprise et une volonté de s’en sortir très forte.

Le Vietnam un autre chouchou.

Ça a été un voyage parfait au final. Facile car le pays et les gens sont faciles (si vous acceptez le fait qu’il faut négocier dur. La rudesses n’est qu’apparence). Mais aussi parce que le pays est beau et que malgré les torrents de pluie sous lesquelles nous nous sommes trouvés ce pays est charmant. Le vert est omniprésent et c’est souvent pour moi synonyme de « charmant ». Et puis, nous avons eu des moments de félicité. Quand sur une petite île proche de Hué nous roulions au milieu de milliers de papillons. Quand sur la plage nous avons observé le brouillard recouvrir tout l’espace environnant comme un monstre doux. Les rencontres aussi bien sûr et surtout. Hoa ou encore ce monsieur qui nous chantait « Aline » et dont la femme à absolument voulu me présenter sa fille d’environ 8 ans, nue sur une natte, aveugle et physiquement handicapée. Les enfants de l’orphelinat aussi. Toutes les questions générées, est-ce juste? Est-ce jugeable? A quoi je sers?

Le Laos 

Tant de lenteur et d’eau. Nous avons beaucoup plus pris le bateau que le bus et c’était bon. Le rythme imposé par l’eau et l’univers coloriel qu’elle crée. La pudeur. Là bas (comme partout en Asie), on ne se baigne pas en petit deux pièces, on se baigne habillé. C’est bête mais même si c’est moins confortable, se plier aux règles du pays et être respectueuse c’est agréable, on a l’impression de faire un peu plus partie du paysage.

Les montagnes pointues, celles des estampes japonaises. Les voir de mes yeux vu ça fait quelque chose. Elles sont toutes pointues. J’ai vu la Chine! Je n’y suis pas allée mais je l’ai vu. Je vous parle de petites choses émouvantes et surprenantes. On ne s’attend pas toujours à être ému.

Les odeurs.

Les fleurs. Les odeurs de fleurs. Quel bonheur de sentir le jasmin, le frangipanier et tant d’autres. Une vraie découverte olfactive. Ce continent sent bon. A chaque coin de rue la narine trémousse, je n’avais jamais (res)senti ça.
Oh, et j’allais oublier les grottes!
Combien de grottes avons-nous visité dans des conditions parfois, disons étranges? Suivre le guide avec la forte odeur de la lampe à pétrole qui parfois s’éteint…

Quelques frayeurs

A Madagascar bien sûr, quand on a failli passer par dessus bord. En Afrique du Sud quand un éléphant nous a chargé et finalement je crois bien que c’est tout. Ceci dit, c’est suffisant. Deux frayeurs face à la nature. Deux frayeurs magnifiques en somme. Deux souvenirs qui resteront. Ah, j’en oubliais une autre, quand nous avons fait une jolie sortie de route en Namibie. Bien moins intéressante cette frayeur là, pas grand chose à en tirer si ce n’est que Matthieu a bien géré !

Un peu d’Afrique

L’Afrique du Sud et la Namibie ont été deux pays difficiles à visiter car nous y avons fait beaucoup de route et que la route n’est pas bonne… Mais deux pays qui nous ont fait découvrir des choses différentes, étonnantes, assez extraordinaires finalement. Les animaux des parcs. Je me souviens de la façon dont j’ai sursauté quand je me suis rendue compte que l’énorme rocher gris était en fait un éléphant. Où quand au détour du chemin 3 rhinocéros sont apparus de ce qui semblait être de nulle part. Observer des animaux est toujours quelque chose qui remplit d’émotions.
Il y a eu aussi le désert de Namibie. L’ascension des dunes, les arbres desséchés, les oryx, le lever de soleil. Beaucoup de beautés, beaucoup d’orange, beaucoup de sable, beaucoup de chaleur et des formes qui restent mémorables.

Le bleu d’Océanie est une couleur chaude

L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont été deux pays surprenants. J’ai aimer découvrir la spontanéité et la curiosité des gens là bas. Avoir une discussion enjouée et agréable à la caisse du supermarché, pourquoi pas? J’ai pu constater que la légende n’en est pas une. Ces pays neufs où tout est encore à bâtir sur des bases d’optimisme et d’ouverture. Les schémas d’une socité codifiée et classifiée ne sont pas (encore) établis. J’ai éprouvé cette sensation positive de laisser aller. Nous verrons bien, rien n’est écrit. Fais ce que tu as envie de faire etc. Alors oui, parfois on a l’impression qu’ils en font des caisses, qu’un petit machin sympa devient la septième merveille du monde et que c’est un peu exagéré. Mais en même temps, quand on leur pose la question, la réponse est simple : oui, nous sommes enthousiastes! Là aussi, il y a des enseignements à tirer, des choses qui ne font pas de mal à retenir.

Un chouchou encore : la Nouvelle Zélande

Une grande surprise ce pays. Les paysages sauvages et si différents de ce que je connaissais en France ou ce que j’avais pu voir pendant le voyage. Des montagnes, des montagnes, des montagnes, blanches et belles, des lacs turquoises et un air pur. Ce pays a été cristallin. Entre la transparence de l’eau et celle de la neige. Tout est clair et ça donne envie de l’être aussi. Ah, je pourrais rajouter que c’est le premier pays où j’ai conduit ! Oui, oui, ça se met dans un bilan. Je n’ai passé le permis qu’avant de partir en voyage (en décembre 2014 !). Je n’avais donc pas eu l’occasion de m’exercer seule au volant avant la Nouvelle Zélande, quasiment 1 an après l’obtention de la carte rose. Ça restera dans ma petite tête!

Je retiens de ces endroits la gentillesse des gens et aussi la proximité de la nature. Tout le monde pêche, tout le monde aime aller dans les parcs les campeurs sont légions.

En avant l’Amérique

De celle du Nord, je retiendrais la surprise que j’ai eu à découvrir tant de paysages naturels mémorables. C’était indéniablement très beau. Mais cela ne m’a pas touché pareil. La belle nature est quelque chose de précieux en voyage elle n’est pas toujours suffisante. J’ai le sentiment de n’avoir fait qu’approcher le pays. D’avoir senti l’influence latino sans vraiment comprendre ce qu’elle signifie. De ne pas être allée plus loin que l’étonnement face à la mocheté des banlieues où même de beaucoup de petites villes de l’arrière pays. J’ai vu le paradoxe de Santa Barbara, une ville très agréable, très riche mais aussi avec une forte population de sans-abris car ici les américains aident et partagent. Je n’ai pas eu le temps de comprendre réellement ce que cela signifie. Mais j’ai vue une nature grandiose, vraiment.

Pour l’Amérique du Sud, le rendez-vous est donné dans un an, quand le bilan sera le bilan final car pour l’instant je n’ai rien vu. Je peux cependant vous dire la joie que j’ai à retrouver la liberté de voyage qui faisait que je me sentais bouger avec le monde lorsque j’étais en Asie.
Et puis il y a l’espagnol. Un nouveau défit en lequel j’ai toute confiance et je me réjouis d’avance à l’idée de le pratiquer encore et encore et de le ramener en France dans mes valises.

On peut parler des langues c’est vrai,

On peut parler de l’anglais. Je peux vous dire que de ce voyage se dégage aussi une certaine fierté qui est celle de pouvoir parler anglais sans gène à présent. Oh, non, je ne suis pas bilingue mais la langue n’est plus un problème et j’aime cela car c’est un point de plus en faveur de ma liberté.

Parlons du couple.

Un an avec Matthieu sans repère, sans routine, sans maison. Un an ensemble. Un an à courir ensemble sur le même chemin, avec les mêmes envies, les mêmes goûts et ça c’est bien. Nous avons les mêmes envies et les mêmes buts. Nous préférons la nature à la ville. Nous aimons discuter et rencontrer le gens. Nous aimons les endroits conviviaux et sans prétention. Nous aimons manger dans la rue. Nous aimons ne pas savoir exactement où nous serons demain. Nous aimons voyager plutôt lentement. Parfois nous n’avons pas la même façon de nous organiser pour voyager tel que nous l’aimons. Alors si vous vous posez la question, qu’est-ce qui peut ne pas aller? Eh bien ce n’est pas plus que cela !

Voyagerons-nous pareil à présent?

Non, en tout cas, pour l’instant, on a prévu de ralentir encore plus le rythme. Peut-être que nous ne verrons pas tous les lieux immanquables du pays mais nous allons prendre encore plus le temps de savourer chaque endroit. En Asie, c’était le début du voyage, nous croquions tout sans fatigue. En Afrique on a eu peur, en Océanie on s’est reposé, aux Etats-Unis on a partagé les tâches et les bons moments et maintenant au Panama on vient de s’octroyer des vacances! Mardi nous quitterons cette plage tranquille pour aller vers le Costa Rica que nous traverserons sûrement assez vite car c’est un pays cher et que le tourisme, même s’il est « durable » a déjà dénaturé beaucoup de choses. Alors nous assumons pleinement de faire des coupes. C’est la maturité!

Droguée?

De toute façon, je sais très bien que depuis ce premier voyage en Sulawesie en 2009, ou même encore un peu plus en amont, ce voyage en Irlande en 2006, j’ai été piquée. L’envie d’ailleurs c’est un peu une drogue. Après deux ans de voyage, il y aura encore beaucoup de choses que j’aurai envie de voir et je pense que ce sera comme une nécessité que de continuer à voyager d’une façon où d’une autre.

A mi-parcours est-ce que je veux rentrer?

Non. Je veux encore sentir toute cette vie. Je veux l’expérimenter encore pour m’assurer de ne pas la perdre sur la route du retour. Sur la route du retour à la normale, maison, boulot, amis, famille, dodo. Oh, je ne juge pas, je ne dévalorise pas. J’ai envie de cela aussi. Une jolie maison, un joli jardin, une attache crée par mes mains. Mais je n’ai pas envie que le voyage n’ait été qu’une passade, qu’un moment de vie, qu’une parenthèse de deux ans et basta. Je veux plus, je veux réussir à conserver l’empreinte. Je veux faire cet effort et pour ça, je sais que je suis bien accompagnée.

Eve

25 janvier 2015

Evetmatt Jaiuneouverture

Bienvenue sur ce site pétri de nos mains avec un peu de levain, de connexion cyclothymique, et d'amour. Enfants du pays du canard, mariés et Parisiens pendant 7 ans, nous avons quitté femmes et enfants il y a un an pour faire tel Spoutnik le tour de la terre. On n'est pas encore sur orbite, mais on est contents quand même. Et on vous le partage ici ! Eve et Matthieu
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15 commentaires

  1. Eve vous êtes mon double ! Nous sommes rentrées hier de notre année TDM, ça fait vraiment bizarre, et je voulais écrire mon bilan sur notre blog. J’ai lus le vôtre et je pourrais le reprendre mot pour mot : les sensations, ce qui fait le plaisir du voyage, notre évolution au cours du voyage, la drogue du voyage etc…Merci pour cette synthèse 🙂 Profitez bien de la suite nous continuons de vous suivre pour le plaisir et pour piocher des idees car nous repartirons en fin d’année 2015 pour 4 mois…ce sera notre rythme maintenant. Nous avons changé de vie et de métiers pour que le voyage y soit intégré 🙂 Isa de FabIsa

    http://legrandvoyagedefabisa.blogspot.com

  2. Un bien beau bilan complet … on attend la suite avec grand plaisir ! ! 😉

  3. Merci pour ce beau bilan, et puis, peut être est-ce un signe? je pars aujourd’hui même en tour du monde… 😉

  4. Merci pour ce beau bilan, et puis, peut être est-ce un signe? je pars aujourd’hui même en tour du monde… 😉

  5. C’est tout toi ! Merci pour ce beau partage 🙂

  6. Aurore de Saint-Alary via Facebook

    Très beau bilan.. Agréable à lire, on à l’impression de voyager un peu avec vous..je vous souhaite encore de belles découvertes

  7. quel bilan et tu n’es qu’à mi-parcours…j’ai hâte de lire le suivant mais en attendant profite

  8. Les commentaires sont unanimes ma petite Ève, quel témoignage…
    Une nouvelle facette de cette évounette que j’apprécie déjà beaucoup se dessine, délicatement, à travers ce bilan de mi-parcours.

    Une chose est sûre, vous vivez quelque chose d’incroyable alors continuez ainsi, à fond, moins à fond, entièrement ou partiellement: à votre rythme.

    N’oubliez pas quand même que c’est parce qu’on revient qu’on a envie de repartir et parce qu’on repart qu’on a envie de revenir 🙂

    Énormes bisous et bravo encore pour vos engagements.

  9. Nadia Ghembnad via Facebook

    Joli bilan, simplement raconte ! Ça donne envie de partir a la rencontre de ces peuples et leur culture … Merci 😉

  10. Merci Ève !!! J’aime bien comme tu racontes la vie ,le voyage ..c’est nature et sans chichi : tu racontes et tu te la raconte pas 🙂 Ça glisse et ça gazouille comme 1 ruisseau au printemps ! .. Et c’est pour ça qu’on continue à faire défiler le texte et les jolies photos .. Et on est déjà triste d’arriver à la fin car on s’était naturellement laisser emporté par l’odeur des marchés ou le frais des glaciers !!! C’est ça qui est bon !!
    Et ça réanime l’envie quelque soit l’heure de toujours aller voir « ailleurs  » …

  11. Salut Ève,
    Un bien joli bilan comme celui de Matthieu. C’est simple, c’est vrai, c’est touchant. Merci pour ce partage émouvant et riche. Plein de bonnes choses pour la suite.

  12. Hoho La Bombasse. Et je ne parle pas que de ce qui est écrit.

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