Voyage en Afrique du Sud – L’avis de Jean-Pierre

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Blyde River Canyon - Afrique du Sud - Tour du monde - Jaiuneouverture

Voyage en Afrique du Sud – L’avis de Jean-Pierre

Si vous ne l’avez pas compris, mon frère et mon père sont venus partager un bout du voyage avec nous. Nous les avons retrouvés en Afrique du Sud. Et voici l’avis de mon père sur ce pays.

Préambule en 4 petites choses.

1 – On doit faire attention à ce que l’on dit. 2 -On doit faire attention ou l’on va. 3 -On doit faire attention à ne pas se laisser vivre sans être un minimum informé. 4 -On doit faire attention ou l’on  se retrouve après une séparation.

Autre chose Ami.

Si tu es fatigué, reste sur une plage. Fait qu’elle soit proche (si tu aimes la plage bien sûr).

Si tu es impulsif, voir vindicatif voir non croyant. Choisit une retraite dans un monastère. Tu auras appris.

Si tu te sens seul et qu’elle te pèse cette solitude, choisis un voyage organisé. Il en existe ou l’on se perd à dessin afin de trouver une bonne âme pour t’indiquer un hypothétique itinéraire (ça existe, c’est scénarisé, c’est prévisible mais c’est à carte bancaire).

Maintenant, si tu cherches un pays sans relief, sans problème raciaux, un pays sans la nature au naturel. Un monde où rien n’est plus admirable que la contemplation de ses doigts de pieds manucurés, un univers merveilleusement terne et sûr. Si tu cherches une ambiance chaleureuse mais sans le vin (rien n’est parfait), ou tu ne te feras pas réveiller par le rugissement des bêtes fauves. Si de plus tu as l’intention de t’y rendre en  famille, la vie couleur bel océan, l’eau chauffée artificiellement à ta convenance et sans requin pour la baignade. Le morne ennui qui évitera la controverse et les aspérités. Un pays proche, tu sais, à 1/2 heure pas plus. Alors je te dirais : oublie  L’Afrique du Sud .
Bon, pas mal ignorant, je suis parti en compagnie de mon fils Léo pour retrouver mon gendre (le masculin l’emporte toujours) et  ma fille (sa femme donc).

Là, ami, remonte au début de ce modeste récit. Les petites notes 1, 2, 3, et 4 deviennent d’une importance capitale. Je ne savais rien ou presque. Je pensais me reposer, me laisser porter dans un paisible ronron et j’ai débarqué à Joburg poumon économique d’Afrique Du Sud. Ici, on se définit par son ethnie. Sans problème, on peut parler Zoulou, Xhosa, Sotho du Sud ou du nord, Tsonga, Swati, Venda et Ndebele (ben voyons) accessoirement Anglais ou Afrikaans (d’ailleurs quand on est blanc on se dit Anglais ou Afrikaner). C’est  un pays où tu peux te faire découper quand la nuit tombe en ville (et elle tombe tôt) ou bouffer par une bête en campagne (la nuit y tombe tôt aussi). On vit chacun chez soi. Armé. Dans des forteresses barbelées et gardées quand on a des possibilités. Dans des bidonvilles aux dimensions invraisemblables (des villes parfois) pour les pas riche. C’est un pays ou intubé après un accident de la route, si tu ne peux pas continuer à payer les soins, on te dit sors de l’hôpital rentre et bon vent. C’est un pays tellement prolifique en richesses naturelles (même aveugle elles se voient) mais qui profite à tellement peu de (mettez là l’adjectif qui vous convient). C’est un pays multiple sans mixité. On nous le vend comme arc en ciel mais le discours de son plus grand sage a été dévoyé et l’image Mandela est un produit marchandisé.

Mais c’est aussi bien autre chose. Des paysages à nul autre pareil. Montagne, canyon, bush, regardez les photos (pas mieux). Une nature qui se vit, se sent, foisonne et te touche au ventre plus qu’cœur. Des animaux de légende, parce-que vus dans la télé, ou dévoyés dans les zoos qui te rappellent à certaines réalités (quelqu’un vous racontera l’épisode des éléphants). Tous magnifiques, tous magiques, multiples, variés, puissants, beaux. Mais beaux ! Seulement  à  la moindre faiblesse, il s’en trouvera toujours un pour te manger lion ou gazelle. C’est la loi.

Qui n’a jamais vécu l’amicale curiosité des baleines, la robustesse butée du  buffle, l’ingéniosité du singe, l’imprévisibilité de la hyène et la brutalité du zèbre mort au repas des lionnes. Qui n’a jamais vu la cocasserie des pingouins, la fragilité des impalas, les incroyables exubérances de couleurs des oiseaux. Les grands, les petits les autres. Qui n’a jamais senti la présence, cette présence, la fragilité, cette fragilité, le trésor, ce trésor dans son milieu. Qui n’a jamais… est un enfant qui confond poisson vivant et bloc panné surgelé.

Ce pays est âpre, mais il se vit malheureusement dans un bocal. Nous avons voyagés dans une voiture en or et toujours sur nos gardes.

Certes, ça ne facilite pas la communication. Nous avons vécu aussi de belles rencontres et subis quelles fussent si rares. Ça n’a pas été sans douleurs. Sans chicanes et quelquefois véhémentes. Nous l’avons vécu, ce pays, et ce qu’il est ne pouvait pas aller sans déteindre sur ce que nous y vivions.

Alors c’était dur aussi, mais quel beau voyage. Un voyage assurément.

PS : J’ai menti en disant que je ne savais rien de l’Afrique du Sud avant de partir. J’avais parcouru le guide. En fait non, c’est un petit mensonge.

 

Evetmatt Jaiuneouverture

Bienvenue sur ce site pétri de nos mains avec un peu de levain, de connexion cyclothymique, et d'amour. Enfants du pays du canard, mariés et Parisiens pendant 7 ans, nous avons quitté femmes et enfants il y a un an pour faire tel Spoutnik le tour de la terre. On n'est pas encore sur orbite, mais on est contents quand même. Et on vous le partage ici ! Eve et Matthieu

6 commentaires

  1. Toutes ces fautes d’orthographe, ça pique les yeux.

  2. …il écrit toujours aussi bien ton père 🙂 !

  3. Je partage l’avis de Jean Pierre sur beaucoup d’aspects. Le pays est âpre, dur à vivre, magique par ses richesses naturelles et on ne repart pas sans une certaine colère de voir ce gâchis qui à travers la corruption et/ou l’incompétence des élites perpétuent une forme d’apartheid social et racial. Pourtant je rêve de poursuivre ma découverte de ce pays car sa complexité le rend encore plus attachant.

  4. Ouais,
    Moi, sur place, je me disais c’est invivable ici. Et puis, il y a 15 jours, j’ai entendu à la radio le commentaire de Deon Meyer, un auteur de polars Sud AF en promo à Paris. Il a dit :  » Moi j’ai une moto mixte, route ou piste. J’ai sillonné ce pays et rencontré des gens incroyables qui vivent dans les coins les plus reculés. Ce pays est en ébullition. Ici tout est si prévisible. C’est ennuyeux non? ». Et cette réflexion elle tourne et retourne.

  5. Beau récit. Ça fait voyager.

  6. Merci Virginie. Merci Justine. Aux Erics il me faut bien donner raison. Toutes ces faux d’autocrates, ça nique les œufs.

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