La Tasmanie, c’est choupi ! – Par Yoann

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Yoann, notre ami, nous a rejoint en Australie pendant 3 semaines et notamment en Tasmanie. On lui a demandé d’écrire un article sur son expérience là-bas. C’est à lire…

Rappel des faits : je suis donc allé rejoindre nos deux aventuriers de l’Extrême (avec un E majuscule, c’est dire à quel point ils repoussent les limites) en Australie pendant trois semaines en octobre. Suite à leur proposition de rédiger un petit quelque chose pour le présent blog, je m’exécute donc avec un léger retard dû à ma flem à la nécessité évidente de prendre un certain recul suite à une expérience comme celle-ci.

Les plus fidèles lecteurs sauront déjà que parmi ces trois semaines deux se sont déroulées en Tasmanie, la Corse locale, située en bas à droite comme la nôtre mais dotée d’un nombre significativement plus élevé de marsupiaux et de gens qui parlent avec un accent australien. Mon dernier vrai voyage remontait à plus de deux ans, et cette piqûre d’exotisme m’a donc fait le plus grand bien. Les briques roses, les périphs gris bouchonnés et les néons blancs du boulot, au bout d’un moment ça donne envie de refaire profiter à ses mirettes d’une petite cure de couleurs, naturelles si possible. Et j’ai été servi.

Rien d’extrême

Mais attention, il s’agit d’une variété d’exotisme bien particulière. Rares sont les moments en Tasmanie où l’on se retrouvera bouche bée, pétrifié d’admiration et/ou de surprise devant telle ou telle vue. Il n’y a rien de vraiment « extrême » dans les paysages tasmaniens : c’est beau, mais gentiment beau (d’où le titre de cet article, qui cite une déclaration particulièrement inspirée d’Eve ou Matthieu, je ne sais plus lequel, que l’auteur(e) me pardonne). Du coup l’intérêt est ailleurs : dans la diversité. J’avais souvent l’impression de traverser deux ou trois continents différents dans un même trajet en voiture : des plaines verdoyantes très européennes, avec bovins qui broutent et fermes parsemées ; des zones de brousse plus sauvage qui m’évoquaient l’Afrique (où je ne suis jamais allé, mais j’ai lu Tintin au Congo) ; des routes sinueuses au cœur de mini-jungles à grosses fougères entre lesquelles on s’attendait à voir des dinosaures à tout moment ; des montagnes ferrugineuses ; des plages aux eaux turquoise… Il y en avait pour tous les goûts, mais avec modération donc.

Une bonne grosse industrie du tourisme

Là où ça devient rigolo, c’est qu’il y a évidemment une bonne grosse industrie du tourisme sur place,et qu’il faut bien qu’elle s’occupe. Dans les « vieux » pays, ceux où l’Histoire de l’Homme civilisé (celui qui rédige ce qui lui arrive, construit des cathédrales et aime à se répandre) a eu le temps de laisser moult marques, c’est facile : il y a des édifices dont on peut raconter l’histoire, des lieux où il s’est passé des choses importantes, des maisons où des gens non moins importants ont vécu, des styles, des architectures, de l’art en veux tu en voilà, etc. Dans la pampa, forcément, il y a moins matière à discourir très longtemps. On peut dire « c’est beau », « c’est grand », « c’est rigolo ce rocher en forme de lapin », et on a vite fait le tour. Donc on compense avec de l’enthousiasme !

C’est ainsi qu’on ne peut pas conduire deux kilomètres sans tomber sur l’un des dix milliards de panneaux « SCENIC LOOKOUT » qui bordent les jolies routes tasmaniennes. Pour ceux qui ne maîtriseraient pas la langue des Beatles, on peut traduire ça approximativement par « ROLALA C’EST JOLI ICI ARRETEZ VOUS ET PRENEZ DES PHOTOS, SI SI ON VOUS JURE». Donc les dix premières fois on s’exécute, on va voir. Et puis bon, c’est joli, mais rien de forcément suffisamment exceptionnel. La vue aurait gagné à être découverte par hasard, pas à être marquée du sceau Quelqu’Un-Qui-Sait-A-Décidé-Que-Ici-C’est-Beau. Et c’est comme ça pour la plupart des sentiers de balade, des « landmarks » à voir absolument : tout est un copieusement survendu, que ce soit par les guides ou par les employé(e)s des offices de tourisme, tout est « dramatic », « amazing », « the greatest experience of your life », à se demander comment les gens du cru survivent avec toutes ces décharges d’adrénaline quasi-quotidiennes.

Du coup évidemment on est souvent déçu. Même au bout de plusieurs jours, une fois qu’on commence à être rodé et à lire entre les lignes, on ne peut pas s’empêcher de se laisser un peu contaminer par les yeux qui pétillent et les promesses d’extase touristique, avant que le soufflé ne retombe à nouveau face à la rivière qu’on nous a dépeint comme un torrent épique ou face au trou dans des rochers qui « a la forme de la Tasmanie ! ».

Le prix prohibitif

Par ailleurs l’enthousiasme ne vient pas seul, il est généralement accompagné de son fidèle ami : le prix prohibitif ! Parce que bon, vendre une croisière de deux heures incroyablement stupéfiante au pied des falaises pour 20$, c’est ridicule, personne n’y croit. Alors qu’à 120$, tout de suite, là oui, à ce prix ce sera forcément l’expérience d’une vie ! Une visite de trois heures dans une mine de cuivre ? 120$ ! Un tour de bateau en rond dans la baie de Devonport ? 120$ ! Oui, c’était souvent 120$. Non, moi non plus je ne sais pas pourquoi.

J’ai adoré ce séjour

Malgré ces aspects, que j’évoque surtout parce que quand même ils nous ont bien fait rigoler, je le dis et je le redis : j’ai adoré ce séjour. Tout n’était pas forcément scénique ou dramatique, pour reprendre le jargon local, mais c’était dépaysant, sauvage, agréable, et les « déceptions » dont je parle plus haut ne le sont qu’en comparaison avec les monts et merveilles dont on bourre un peu inutilement le crâne du touriste sur place. C’est en tout cas un voyage que je recommande chaudement, mais je ne m’étalerai pas plus. La découverte, c’est une grande partie du plaisir.

Yoann

Evetmatt Jaiuneouverture

Bienvenue sur ce site pétri de nos mains avec un peu de levain, de connexion cyclothymique, et d'amour. Enfants du pays du canard, mariés et Parisiens pendant 7 ans, nous avons quitté femmes et enfants il y a un an pour faire tel Spoutnik le tour de la terre. On n'est pas encore sur orbite, mais on est contents quand même. Et on vous le partage ici ! Eve et Matthieu

Un commentaire

  1. Ping :Une belle visite de San Francisco en décembre

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