Bangkok, une ville hybride

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Bangkok, une ville hybride… Ca, c’est un titre qui le fait. 🙂
Bangkok_J'ai Une Ouverture_Tour du Monde_517

J’aime bien cette ville.

Elle a le charme des petites villes asiatiques historiques et l’attrait des grandes métropoles. Elle est hybride parce qu’elle manie le passé et le grand modernisme.

Et d’abord par son architecture.

On vient de passer trois journées, l’une à China Town, la seconde dans le quartier des grands magasins à Siam et la troisième à errer et naviguer parmi les khlongs. La première, nous avons sillonné dans les venelles usées, parsemées de petites échoppes spécialisées et d’encarts de verdure. C’était l’odeur de la Sulawesie, de l’Inde. Encens, fleurs et friture.

Au sein de cette ville historique, nous avons aimé le temple de Wat Pho avec un impressionnant Bouddha couché de 45 mètres de long et de 15 mètres de haut. L’ensemble des temples qui le jouxtent forment un espace agréable, et vivant car occupé par des moines. Fameux moine qui a d’ailleurs alpagué Eve pendant une petite heure. 🙂

Dans les khlongs, ces quartiers flottants sur pilotis, ambiance encore très particulière. D’ailleurs, au lieu des 56 euros pour deux d’une balade touristique où vous vous emmitouflez couillonnement dans un gilet de sauvetage (la honte), nous en avons eu pour 3 euros à deux. Clairement, on était les seuls touristes parmi les locaux. On les a croisés ces touristes fluos rassemblés dans leur pirogue, c’était marrant. Pour notre part, nous avons pris le long boat river qui déposait les gens à chacune de leurs maisons sur pilotis. Type ramassage scolaire ! On est était seuls au terminus ! Et c’était loin !! On a pris un bus avec des écoliers, puis traversé le fleuve en mangeant des brochettes, pour reprendre un bateau vers Bangkok. Un trajet biscornu et long, mais économique et authentique ! 🙂

En parallèle de ce Bangkok traditionnel, mercredi on a vu d’énormes magasins engoncés dans les lignes aériennes de métro. Des magasins composés d’une multitude de petits carrés, tenus par des marchands. Ces espaces commerciaux rivalisent avec les nôtres, et les battent en termes d’esthétique et de technologies !

Et tout ça, à bas prix et avec une incroyable diversité. En termes vestimentaires, ils sont au top. Les Thaïlandais ont le style pour pas cher. Et à le comparer avec la France, leurs habits sont plus originaux, plus « artistiques ». Je comprends mieux d’ailleurs pourquoi j’avais entendu jusqu’ici qu’il était très intéressant de se faire ici un costume sur mesure.

Les finances, parlons-en. Voilà encore toute la dualité de Bangkok. Les gens, ici, semblent avoir les moyens de vivre très convenablement, à l’occidentale. Ou devrais-je dire comme tout mondialisé. Dans le métro, chacun à son smartphone, avec un grand écran s’il vous plaît. Dans les rues, les énormes 4×4 se succèdent, puis sont briqués au chiffon doux le long des maisons.
Et pourtant, vous avez une heure de massage à 5 euros, un repas à 1 euro, un T-Shirt à 5 Euros. En fait, les gens ont accès relativement à tout, et pour peu cher. Une dualité plutôt sympa mais étrange. On passe finalement de métros et magasins complètement aseptisés aux boui-bouis sales le long des rues.

Mais à la différence de Mumbai, où la grande misère était partout, Bangkok présente moins de disparités entre les classes sociales. Il y a une dualité, mais on sent cette ville plus développée, plus mondialisée. De ce que nous en avons vu, le niveau moyen est plus élevé que dans les différentes villes d’Asie du Sud Est que nous déjà visitées : Jakarta, Mumbai, Agrâ, Makassar, Manado.

Le physique des gens est l’ultime représentation de cette dualité. On oscille entre les Asiatiques au faciès traditionnel, et ceux et surtout celles qui cherchent la blancheur de leur peau, la rondeur de leurs yeux, les boucles à leurs cheveux. Circulent même dans les rues de nombreux tracts sur lesquels on peut voir comment se faire « écarquiller les yeux », refaire le nez, etc…

A parler de physique, j’ai été aussi impressionné du nombre d’Européens accompagnés de Thaïlandaises…

Plus développée, et plus démocrate, puisque nous sommes passés par ces fameux lieux et carrefours de l’opposition politique. En fait, l’ambiance y était pacifique et citoyenne. Je sais qu’il y a deux jours, le leader de la contestation a été tué. Que le DG de Tata Motors a été retrouvé étrangement mort dans sa chambre d’hôtel. Mais sincèrement, je ne l’ai pas vu. Pas d’ambiance électrique, de revendications enfumées, ou d’armes à la ceinture.

Tous les gens étaient bardés des couleurs du pays, du serre-tête aux grandes oreilles, au T-Shirt « Occupy Bangkok », sur le fond musical d’un chanteur estampillé JMJ, présent sur scène derrière ses lunettes fluos. En plein milieu de ces carrefours, tous y vivent, dorment, dans leurs tentes, et ont pour l’occasion au milieu des tours et des supermarchés, monté leur propre petit commerce : nourriture, fringues, accessoires en tout genre.

Un gigantesque squat calme. Une petite ville dans la ville.

Au final, des physiques à l’urbain, des échoppes aux mégamarchés, tout dans cette ville est dual.  Et cela la rend très agréable car dépaysante mais facile d’accès en même temps.

J’aime bien cette ville !

Matt

Evetmatt Jaiuneouverture

Bienvenue sur ce site pétri de nos mains avec un peu de levain, de connexion cyclothymique, et d'amour. Enfants du pays du canard, mariés et Parisiens pendant 7 ans, nous avons quitté femmes et enfants il y a un an pour faire tel Spoutnik le tour de la terre. On n'est pas encore sur orbite, mais on est contents quand même. Et on vous le partage ici ! Eve et Matthieu

5 commentaires

  1. Ping :Bangkok, une ville hybride - J'ai une ouverture...

  2. Bon content d »avoir des nouvelles.
    Un petit clic quotidien pour voir s’il y a du nouveau et l’attente est parfois récompensée par une petite bafouille bien tournée.
    In ze rode e-guêne.
    Bonne route
    Anonyme

  3. Ping :Melbourne n’est pas une ville proprette et fade

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