On adopte ?

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On adopte ?

C’est une question que je me suis posée pour la première fois lorsque nous étions à l’orphelinat au Vietnam.

Je suis parti très triste

En fait, je partais déjà avec la tristesse de quitter les enfants dont j’étais proche, mais en plus j’étais frustré de ne pouvoir répondre que « non » à cette question. Car au Vietnam, lorsque les orphelinats sont privés, on ne peut pas adopter. Depuis quelques années, même auprès d’orphelinats publics, adopter au Vietnam est devenu très compliqué.

Cette question de l’adoption est venue car j’ai créé une relation avec certains d’entre eux, deux en particulier. Une relation qui me manque. Comme je le disais dans un précédent article, je ne pensais pas vivre ça, alors aujourd’hui j’en suis plus marqué.

Il est difficile de décrire, mais j’ai aimé prendre soin de Thien particulièrement – la petite fille handicapée – , la protéger et m’occuper d’elle. J’ai aimé qu’elle me tende ses bras lorsque j’arrivais ou qu’elle me cherche quand je n’étais pas là. Je l’ai un peu aimé, en fait.

Partir a donc été dur, car évidemment, je ne vais pas revenir tous les week-ends au Vietnam (j’ai quand même quelques projets en tête). Mais cela a été surtout dur de penser que de toutes les façons, Thien ne serait jamais adoptée. Et nous ne pourrions donc jamais l’adopter. Elle n’aura jamais de parents.

Evidemment, me direz-vous dans ce que je décris de cette relation avec les enfants, il y a un peu l’envie naturelle d’être père. Certainement un peu. Mais autant si on le voulait, j’aimerais qu’on adopte demain, autant pour différentes raisons, je ne serais pas sûr de vouloir avoir un enfant biologique demain.

S’occuper des enfants sans parents d’abord

Les enfants de l’orphelinat, ils sont là. Ils sont déjà bien vivants, et ils auraient besoin de l’amour de parents. Je parle au conditionnel, car on ne peut jamais être sûr qu’enlever un enfant d’un orphelinat où il a tous ses repères, ses frères et sœurs, ne puisse lui apporter que du bonheur. Mais quand je vois combien ses enfants réclament de la tendresse, du calme et une attention particulière, c’est que l’enfant a bien besoin d’avoir l’amour de ses parents. En fait, je pense qu’à construire une famille, j’aimerais bien avoir un enfant biologique,  mais aussi un enfant adopté.  J’ai envie, j’aimerais m’occuper d’un enfant qui n’a pas eu la chance d’avoir ses parents biologiques. Pour combler le manque que peut avoir cet enfant, pour prendre un relais, etc.

Je ne sais pas bien l’exprimer non plus, mais devenir le père d’un enfant qui n’est pas de moi me ferait plaisir. J’ai un peu de mal à vouloir aujourd’hui faire un petit moi. J’aime cette idée de ne pas se croire propriétaire, mais simplement responsable, d’être là pour aider, élever et aimer.

Et papa d’un enfant étranger. J’aime l’idée de l’humilité et du respect dont on doit faire preuve face à un enfant avec ses repères, son langage, etc… Eduquer l’enfant, créer une famille devient un mélange obligé d’autres choses et d’ailleurs.

Alors j’en fais quoi de tous ces sentiments ? Et bien, je les garde tranquillement en attendant de construire plus tard une famille. Et puis, il y a la faisabilité. Nous avons rencontré à l’orphelinat, une personne bien, très bien. Nathalie, une française, renverse des montagnes pour essayer d’adopter. Ca l’air très dur, et sur des aspects bien personnels. Les évaluations en tous genres des services d’adoption sont d’une bureaucratie et d’une rudesse qui glaçent.

Alors, parfois, je suis triste en pensant à Thien ou Ntao notamment. Et parfois heureux car cette expérience a changé un truc pour moi : maintenant, je nous imagine bien avoir une famille avec des enfants biologiques et adoptés.

Plus tard. Bientôt. Peut-être ?

On verra bien.

Matt

Evetmatt Jaiuneouverture

Bienvenue sur ce site pétri de nos mains avec un peu de levain, de connexion cyclothymique, et d'amour. Enfants du pays du canard, mariés et Parisiens pendant 7 ans, nous avons quitté femmes et enfants il y a un an pour faire tel Spoutnik le tour de la terre. On n'est pas encore sur orbite, mais on est contents quand même. Et on vous le partage ici ! Eve et Matthieu

5 commentaires

  1. Belle réflexion ! Je vous embrasse tendrement.

  2. …presque grand’mère :)) ah chouette !

  3. Quel bel article !
    Très émouvant, et très juste =)

  4. Laure Rossignol via Facebook

    Voilà un post qui me touche beaucoup et qui a une raisonnance toute particulière pour moi…
    Beau projet!

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