J’ai 31 ans et j’écoute Sara Bareilles

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J’ai 31 ans et j’écoute Sara Bareilles. En fait, ca passerait, si j’écoutais ça nonchalamment sur mon canapé Ikea en train de manger un Snickers glacé en T-Shirt – caleçon.Mais, là…

J'ai 31 ans et j'écoute toujours Sara Bareilles - J'ai Une Ouverture - Tour du Monde
Mais, là…

Là, je suis dans un train au Vietnam, en train de descendre le pays. Les paysages magnifiques s’enchaînent. On fait un tour du monde. C’est quand même l’aventure, la liberté ! Ca fait penser à des illustres aventuriers : Montesquieu parti en Perse écrire ses lettres, Corto Maltese bravant les mers du globe, Christophe Colomb découvrant l’Amérique…

Mais moi, Matthieu Gaillard, sur les routes d’un tour du monde … j’écoute Sara Bareilles. Très clairement, l’apanage de l’aventurier. La grande classe. L’Indiana Jones du Tarn-et-Garonne. Le Bernard du pays des kangourous.

Mais… je ne peux pas m’en empêcher. J’écoute Sara Bareilles, c’est un fait.

D’ailleurs, présentons Sara pour ceux qui ne la connaissent encore. Sara Bareilles, américaine de son état, est une artiste guimauve du début du 21ème siècle. Elle manie avec habileté, un répertoire varié allant de la sérieuse tristesse (citons les magnifiques titres « Gravité » ou « Courage ») à la gaieté contente (« Chanson d’amour » étant son titre le plus connu). Pour les amateurs, son style si décalé et indépendant peut s’apprécier sur des radios confidentielles, type Chérie FM ou RTL2.

Mais pourquoi elle ?

Une même philosophie de la vie

Si j’aime autant Sara, c’est parce que nous partageons certainement une même philosophie de la vie.  En effet, dans le clip de « Je vais réussir à le surmonter » (Gonna Get Over You), accompagnée par ses copains dans une belle et ancienne décapotable, elle part s’acheter un brick de lait dans un supermarché. Comme je pourrais le faire, heureuse de chanter, elle sort de la voiture en sautant au dessus de la portière. Et là, tout s’emballe. Elle est trop contente d’aller acheter un brick de lait et ses copains aussi !

Ils se mettent alors à chanter, à tue-tête et à danser dans une choré parfaite au milieu du rayon soins du visage et hygiène du corps.

La vie, la vraie.

Evidemment, je vois là une profonde remise en cause de l’individualisme de la société (on est tous des copains, et on chante tous ensemble), une sérieuse satire du capitalisme (ils sont dans un supermarché, et eux ils s’en foutent, ils veulent chanter, ils chantent), et le dépassement d’une violente angoisse existentielle (la vie c’est triste et fade, tu vas voir qu’on va changer tout ça, on va tous aller chanter dans le rayon alimentaire d’un supermarché).

Je repense encore à un ami qui me disait aimer écouter Jimmy Hendrix sur l’autoroute. Ca changeait l’autoroute, et ca changeait un peu Jimmy aussi.

Jimmy Hendrix, oui. Pas Sara Bareilles… Mon Dieu, mais je n’aurais donc jamais la classe, moi ? Euh….

Mais moi aussi, avec Sara Bareilles au Vietnam, je change un peu Sara, et je change un peu le Vietnam !

J’adore la guimauve

Oui, je vous jure. J’adore la guimauve.

Et du coup, je suis une éponge. Suffit que je mette « Gravity », et quand je vais voir des paysages sombres et déserts, je vais penser à la vie, aux autres, à l’amour, à la mort, à la littérature. Et puis, vu qu’on passe de la sérieuse tristesse à la joie barbapapa d’une chanson à l’autre, je vais passer d’un sentiment à l’autre. Je vois les Vietnamiens trimer dans les champs, et je me prends pour le nouveau Ho Chi Minh, et je me dis que je vais aller les rejoindre en courant, les cheveux dans le vent, leur proposer qu’on fasse la révolution du bonheur. On va refaire le monde, mains dans la main. Des bisous et des cœurs partout.

Parfois évidemment, j’alterne avec Francis Cabrel. Mes sentiments se posent alors, je m’enracine (sur mon soft seat classe B de mon train vietnamien).

Je me dis lorsqu’il chante en espagnol ou en occitan, que j’ai quitté ma patrie !  Que je suis loin, à l’aventure, fier de ce que j’ai fait, de ce à quoi je suis arrivé, là, pour être en voyage pendant deux ans, avec Eve, et à 31 ans !

Dites donc, ça me fait des choses aussi, Francis Cabrel…

Bon alors, voilà, c’est super de voir tout ça, de vivre tout ça dans un train au Vietnam. Mais c’est quand même dingue à 31 balais d’être aussi guimauve, éponge et sentimentaliste . C’est nul !

Du coup, je pourrais jamais être genre l’aventurier au long cours, la petite barbe de 3 jours, et le chapeau en peau de buffle ?

Pfff…. Alors qu’est ce que fais ? J’arrête Sara Bareilles?

Matt

Evetmatt Jaiuneouverture

Bienvenue sur ce site pétri de nos mains avec un peu de levain, de connexion cyclothymique, et d'amour. Enfants du pays du canard, mariés et Parisiens pendant 7 ans, nous avons quitté femmes et enfants il y a un an pour faire tel Spoutnik le tour de la terre. On n'est pas encore sur orbite, mais on est contents quand même. Et on vous le partage ici ! Eve et Matthieu

8 commentaires

  1. PTDR et tous les smileys guimauves qui vont avec…!!! Ahahah….on en parle dans 2 ans… Une bise sur les deux joues. Pôv toi ;-)) !
    (essaye le silence.., pendant 8h de train..tu devrais arriver à consciemment/vivre 1 réelle minute de silence. Training !)

  2. ….viens de visionner la vidéo ; elle est plutôt sympa ta Sara, mais ça finit mal… E ça casse mes oreilles, je n’ai plus 31 ans ! Je vais demander à Diane si elle connait !
    Mais que fait Eve pendant que tu te/nous poses toutes ces questions ? Je vous embrasse et vous embrasserez le Vietnam pour moi. Merci

  3. Perce toi une oreille ! quitte à être un looser…

  4. je compatis! 🙂 j’ai aussi mes moments guimauves, c’est bien d’assumer! :p

  5. Salut.
    Je vais me lancer des fleurs. Si je rapproche ma réaction au trek Laotien (2 pages avant) et ton commentaire viet… (les trois points là derrière, c’est moi qui bade)
    Pour terminer, j’ai pas le temps, rien que le fait de se poser la question, hein!!! Sale petite manie que tu promène à vouloir toto juger. Je vais lancer un programme qui revendique le droit à la frivolité sans état d’âme. Mais en pleine conscience faut pas déconner. La route est longue, l’autoroute est usuelle mais elle manque cruellement de poésie. Alors on se l’invente avec ta copine chanteuse ou Jimy.
    Biz

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